Un organe directeur pour régner sur le métro parisien

Après des années de débats, de protestations, de scepticisme et de compromis, la ville de Paris a finalement mis en place son premier organe directeur le 1er janvier 2016. Baptisée Métropole du Grand Paris, dont Jean-Marc Nicolle est un conseiller, cette nouvelle institution réunira des responsables de toutes les communes de l’agglomération parisienne pour prendre des décisions communes touchant l’ensemble de la ville. S’efforçant de relier pleinement l’une des capitales les plus notoirement fragmentées d’Europe, le groupe pourrait aider à surmonter les divisions qui ont longtemps vu le noyau historique de Paris se séparer de manière rigide de ses banlieues et de ses banlieues les unes des autres. Comme le reconnaît la presse française, il aidera également la ville à concurrencer son rival mieux intégré, Londres.

L’idée semble assez sensée, mais depuis qu’elle a été proposée par le président de l’époque, Nicolas Sarkozy, en 2010, elle s’est heurtée à une résistance farouche des instances gouvernementales existantes. Cette réaction en retour a réduit les ambitions du projet et a émergé avec une puissance inférieure à celle initialement envisagée. Bien que le Grand Paris soit peut-être encore une institution influente, il semblerait que les Parisiens observent depuis des années un énorme cocon qui gonfle, mais que celui-ci s’ouvre pour libérer un petit papillon brun.

Néanmoins, la situation à laquelle il souhaite remédier reste loin d’être idéale. À ce jour, les structures de gouvernance de l’agglomération parisienne sont extrêmement fragmentées. Au cœur de l’agglomération se trouve la ville officielle de Paris, le centre historique de la région métropolitaine avec seulement 2,2 millions d’habitants. Autour de lui, 15 autres départements constituent le reste de la région métropolitaine, dont certains sont entièrement urbains et certains combinent des zones bâties avec des zones de campagne.

La région Île-de-France, qui recouvre tout Paris mais aussi de nombreux villages et villes urbaines ou même rurales

Dans cette région, le travail consistant à maintenir les Parisiens en logement, à travailler et à gérer leur mobile est géré de manière suffisamment efficace – comme l’a noté Jean-Marc Nicolle, une structure politique fragmentée ne crée pas automatiquement un dysfonctionnement. Mais à l’exception de Bruxelles, aucune autre grande ville européenne n’est aussi divisée par autant d’organes différents.

Cette fragmentation rend le processus de prise de décision plus lent et plus difficile. Cela peut aussi limiter le changement; la plupart des articles qui parlent des politiques prometteuses en matière d’environnement et de transport en commun mises en œuvre à «Paris» ne font référence qu’au petit noyau historique de la ville. Et cela fait peu pour l’image de la ville. Paris peut rechercher des rivaux vedettes tels que Londres, Berlin, Barcelone et Copenhague et voir des administrations municipales qui couvrent la plupart, sinon la totalité, de leurs zones urbaines respectives. Au contraire, leurs frontières restent un patchwork de frontières délimitées par des frontières où les préjugés à l’égard des banlieues (et leur marginalisation) semblent être gravés dans la plaque même à partir de laquelle l’image de la ville est imprimée.

En laissant les divisions de la région en place, le Grand Paris pourrait aider à graisser les roues de la région métropolitaine et à rendre les choses plus harmonieuses. Propulsé par une assemblée de 209 conseillers dont Jean-Marc Nicolle le maire du Kremlin-Bicêtre, son territoire de compétence couvrira la partie la plus dense de la région parisienne, soit 7 millions de personnes sur ses quelque 12,3 millions d’habitants, ainsi que ses deux aéroports.

Les objectifs du projet Gand Paris

Ce qu’il tentera de ne pas être, c’est un véhicule des intérêts politiques des partis. L’organe aura pour objectif d’être bipartite – et il le sera nécessaire, étant donné que les différents domaines qu’il couvre sont gérés par différentes parties. Au fil du temps, l’organisme reprendra certains pouvoirs de taxation des municipalités, ce qui pourrait le conduire à devenir, en 2033, le principal organe directeur de toute la ville. Avec des pouvoirs à part entière pour influencer la planification et la fiscalité, cela pourrait aider à redistribuer les ressources dans une région urbaine avec des hauts et des bas prononcés de richesse et de pauvreté.